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Rythmes scolaires : un plébiscite pour un retour de la semaine de quatre jours

publié le 7 juil. 2017 à 02:31 par fcpe30@hotmail.fr
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PIERRE DAUTRIAT
Rythmes scolaires : un plébiscite pour un retour de la semaine de quatre jours 

Dès la rentrée 2017, ou au plus tard en 2018, de nombreuses communes vont revenir à cette formule.


La marche arrière est enclenchée. "Des enfants fatigués, qui n'en peuvent plus", arguent les professeurs. "Des difficultés budgétaires", se justifient les maires. "Une mesure qui renforce les inégalités", fulminent plusieurs syndicats. Le passage à la semaine de 4,5 jours dans les écoles françaises en 2014 n'a jamais vraiment fait l'unanimité. Et dans un contexte où l'État devrait encore réduire les aides dédiées à cette réforme, la plupart des communes entament aujourd'hui un rétropédalage en règle.

Le décret gouvernemental paru mercredi dernier les y autorise "quand existe un consensus local entre les communes et les communautés éducatives", précise toutefois le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Partout, les consultations sont lancées. Les petites communes désireuses de revenir à quatre jours devraient pouvoir y arriver dès la rentrée 2017. Pour les plus grosses, l'organisation étant plus lourde, il faudra attendre 2018.

"À partir du jeudi on ne peut plus rien tirer des enfants !"

Pour Alain Bergnes, directeur d'établissement et secrétaire départemental du Syndicat national des écoles (SNE), il est urgent de revenir aux quatre jours hebdomadaires partout. "93 % des professeurs que nous avons sondés à Béziers sont pour revenir à 4 jours".

Pour lui, les Temps d'activités périscolaires (TAP) et la demi-journée supplémentaire de cours pèsent sur la concentration des enfants même s'ils finissent plus tôt leurs journées. "Ce n'est pas 45 minutes par-ci ou par-là qui changent le fond du problème. Les enfants ont besoin d'un jour (le mercredi) pour se reposer et faire des activités extrascolaires. Sinon, à partir du jeudi, on ne peut plus rien en tirer !", alerte Alain Bergnes.

Lui, dénonce une réforme idéologique et une municipalisation de l'école avec une charge financière trop importante en particulier sur les petites communes. "C'est avant tout un problème économique. Et cela creuse les inégalités. Pas sûr que les enfants aient des conditions similaires à Castelnau-le-Lez et à Béziers. D'ailleurs, ici, quatre écoles (sur 39) ne proposent rien du tout aux enfants qui restent en étude en guise d'activités…". La ville de Béziers joue la montre et préfère "attendre les conseils d'école du 1er trimestre pour savoir quelle est la volonté majoritaire" avant de se prononcer. La rentrée 2017 se fera donc sur le même rythme.

Le refrain est sensiblement le même à Alès, comme le souligne Christian Chambon, adjoint en charge de l'éducation : "Ici, le consensus est déjà fait" et la commune "va revenir le plus vite possible" aux quatre jours hebdomadaires. Neuf établissements sont concernés. "Nous n'avons pas les moyens humains nécessaires", souffle l'élu qui précise qu'Alès "mène déjà un projet à 300 000 € par an pour les écoles des quartiers".

"Les communes doivent se donner un an de réflexion"

Si une majorité de personnes se satisfont d'un retour à la semaine de quatre jours, certains s'y opposent farouchement. C'est le cas de Brigitte Lagors, présidente de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves) de l'Hérault lassée par le "détricotage des mesures tous les 5 ans". Selon elle, "Les maires s'engouffrent dans un retour aux quatre jours uniquement par soucis économique. Nous, nous constatons que ça se passe beaucoup mieux avec les enfants sur 4,5 jours".

Loin de s'étonner de cette marche en arrière, elle affirme : "Les enseignants sont contents, ils travailleront une demi-journée de moins, les maires feront des économies… Mais que veut-on réellement pour nos enfants ?" La Fédération souhaite que chaque commune se donne une année de réflexion pour travailler sur ces questions avec tous les partenaires. "Y compris les parents ! Pas qu'on soit juste utile pour organiser les kermesses de fin d'année !".Si la volonté est ferme d'acter rapidement un retour à la semaine de 4 jours, seul l'aval de la Direction des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) permettra de le faire. Une décision sera prise pour chaque commune après examen du dossier. Certains retours en arrière pourraient donc être repoussés.

Reste aussi à connaître le sort réservé aux nombreux agents recrutés dans chaque commune pour animer les TAP. Réaffectation, temps de travail réduit ou limogeage ? Ce rythme-là reste aussi à définir.


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