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Ecole : la mixité en panne

publié le 4 oct. 2016 à 00:16 par fcpe30@hotmail.fr
 Région

En région : des écoles ghettos au cœur des villes
L'absence de mixité sociale ne concerne pas que les Zup. Le fossé se creuse de plus en plus, dès la maternelle, entre les établissements des centres urbains de la région.
Reportage à Nîmes. 
 C'est un père de famille nîmois en colère, "contre l'inertie et le manque de clairvoyance" de l'Éducation nationale et de la municipalité de sa ville. L'école du Mont Duplan, celle de sa fille il y a un an encore et désormais celle de son fils depuis la rentrée, n'est plus ce que, longtemps, elle parvenait à être, à la frontière de deux mondes : "Une sorte de modèle de l'école républicaine", estime Philippe Hémet. Tout près du cœur de ville, elle mêlait les enfants de deux zones d'habitation très différentes. L'une, plutôt bourgeoise ; l'autre connaissant de profondes difficultés sociales.

Philippe Viannay, secrétaire départemental du Snuipp du Gard, syndicat majoritaire des enseignants du primaire et directeur d'une école de Nîmes en perte de mixité, trouve la municipalité "attentive à la scolarisation des élèves" : "On n'est pas à Marseille ici, même s'il y aurait des efforts à faire, quelques écoles sont décrépies." Lui renvoie plutôt l'Éducation nationale à ses responsabilités, l'État "à son manque d'investissement". Le manque de moyens (profs pas remplacés, pas d'assistante sociale, etc.), opère selon lui bien plus sur les écoles situées dans des quartiers défavorisés ou en perte de vitesse dans les centres ville. Que des parents en viennent finalement à éviter des écoles très marquées, "cela peut se comprendre".

Florence Testud, présidente de la FCPE (fédération des conseils de parents d'élèves) du Gard, n'est pas de ces parents-là. Elle pense que chacun, à son niveau, peut contribuer à enrayer la machine infernale qui fracture l'école publique et précipite de plus en plus d'enfants dans le privé. Sa fille est scolarisée dans l'un des collèges les plus évités de Nîmes : Jules-Vallès, dans le quartier du Mas-de-Mingue. Surtout, elle œuvre au rapprochement des parents de secteurs aux réalités sociales très différentes pour les convaincre de ne pas faire le jeu de l'évitement. "La mixité tire vers le haut les enfants en difficulté et offre une vraie ouverture sur la société, telle qu'elle est, et les autres cultures, à ceux qui sont issus de milieux favorisés", veut-elle croire encore.

 


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