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Carte scolaire nîmoise : à la rentrée 2018, le grand chamboulement

publié le 25 oct. 2017 à 09:15 par fcpe30@hotmail.fr   [ mis à jour : 25 oct. 2017 à 09:27 ]
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Carte scolaire nîmoise : à la rentrée 2018, le grand chamboulement

Après dix-huit mois de réflexion, le Conseil départemental est en passe de dévoiler la carte de la future sectorisation des collégiens nîmois. 

Objectif visé : la mixité sociale. Mais parents et enseignants déplorent déjà le manque de concertation.

Nathalie Nury, vice-présidente du conseil départemental en charge de l'éducation, porte le dossier de la nouvelle carte scolaire des collèges nîmois. Comment avez-vous imaginé la future carte scolaire ? Le point de départ, c'est d'abord la mixité sociale. Le Département a entamé une réflexion il y a déjà plusieurs années. Il y a deux ans, nous avons fermé le collège Bigot , c'était une première étape mais très vite s'est posée la question de l'avenir de Diderot . Et le constat que la mixité sociale avait presque totalement...

Nathalie Nury, vice-présidente du conseil départemental en charge de l'éducation, porte le dossier de la nouvelle carte scolaire des collèges nîmois.

Comment avez-vous imaginé la future carte scolaire ?

Le point de départ, c'est d'abord la mixité sociale. Le Département a entamé une réflexion il y a déjà plusieurs années. Il y a deux ans, nous avons fermé le collège Bigot, c'était une première étape mais très vite s'est posée la question de l'avenir de Diderot. Et le constat que la mixité sociale avait presque totalement disparu dans les collèges.

Sur quels critères l'avez vous élaborée ?

Nous avons commencé par étudier l'actuelle carte scolaire. Il y avait de la place au collège Mont-Duplan, à Jules-Verne. Mais on ne pouvait pas demander aux familles de Valdegour d'inscrire leurs enfants à Mont-Duplan, géographiquement, ce n'est pas possible. Nous avons pensé, avec les services du Département, de la Ville et du rectorat, une carte scolaire par effet de dominos, avec un total de cinq collèges impactés.

Pour combien d'élèves concernés en septembre ?

On va changer 650 enfants de collèges à la prochaine rentrée. Et le collège Rostand qui était saturé devrait revenir à 600 élèves, au lieu de 690 actuellement. Je tiens à dire que tout cela n'est pas le fruit du hasard. À Nîmes, 53 % des collégiens appartiennent à des catégories socioprofessionnelles défavorisées. La carte scolaire a été pensée à partir d'un travail scientifique, de données de l'Insee et d'études très poussées, presque rue par rue, sur l'indice de position sociale (IPS). Nous avons travaillé sur des carrés de 200 m par 200 m, c'est un travail fin.

Parents et enseignants manifestent  leurs réticences. Que répondez-vous ?

J'entends leurs craintes et moi aussi, j'ai peur car c'est un changement majeur, mais je sais que cela ne peut que bien se passer. J'ai parfois entendu des paroles très dures ! Je comprends les angoisses mais il faut donner une équité de chance à tous. L'école d'aujourd'hui n'est-elle pas la société de demain ? Comment peut-on encore imaginer des collèges ghettos dans notre ville ?

Pensez-vous convaincre avec ces arguments ?

Mais tous les enfants doivent être égaux ! En tant qu'élue, cela en va de ma responsabilité. Donnez-moi un exemple où la mixité n'a pas porté ses fruits. Le vivre ensemble, ce n'est pas que sur le fronton des écoles.

Pourquoi ne pas avoir ouvert votre réflexion à la concertation, qui aurait permis une meilleure adhésion au projet ?

Cela fait presque deux ans que nous y travaillons. Des directeurs d'écoles et chefs d'établissements ont participé aux réunions. Nous rencontrons le syndicat enseignant le 12 octobre.

Des familles se tournent déjà vers le privé...

Ce travail a été mené avec le rectorat et la direction diocésaine, qui s'engage à scolariser quarante enfants de Diderot si les familles le désirent. C'est notre gage de réussite : il s'agit d'une réflexion commune, avec un vrai engagement du recteur.

Le point qui bloque, c'est de demander à des élèves de changer de collèges en cours de cursus.Pourquoi ne pas étaler la carte sur quatre ans ?

Sur quatre ans, nous y avons réfléchi, mais nous avons décidé d'agir en une seule fois pour donner un maximum de chance à la mixité sociale, en accord avec le rectorat. Pour les quatrièmes, nous serons peut-être susceptibles de modifier.

Avez-vous le sentiment d'avoir fait le plus dur ?

Non. J'ai fait le travail qu'il y avait à faire, et jusqu'en 2021, nous allons poursuivre la réflexion, notamment pour les collèges Condorcet et Romain-Rolland. Le président Bouad souhaite une réflexion sur cinq, dix et quinze ans.


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